Votre site est-il vraiment conforme ? Les 7 questions à poser à votre agence
Un site peut être beau, rapide et pourtant fragile. Sept questions simples pour savoir si le vôtre est protégé, conforme et vraiment à vous — avec n’importe quelle agence.
Par Tenovates6 min de lecture
Rédigé en septembre 2026
Disponible en arabe
La réponse courte
Un site qui s’affiche bien n’est pas forcément un site bien construit. Ce qui protège votre activité ne se voit pas : les sauvegardes, les accès, l’endroit où partent les données de vos clients, les pages légales. Les sept questions ci-dessous se posent en une réunion, à n’importe quel prestataire. Une bonne agence y répond sans hésiter — et par écrit.
Pourquoi c’est important
Le jour où un problème arrive, il est trop tard pour découvrir qu’il n’y avait pas de sauvegarde, que l’ancien stagiaire a toujours accès à l’administration, ou que le nom de domaine est enregistré au nom de quelqu’un d’autre. Ces situations sont fréquentes, et elles coûtent cher : des jours de chiffre d’affaires perdus, des données clients exposées, un site à refaire.
La bonne nouvelle : tout cela se vérifie avant, avec des questions simples.
Les 7 questions
1. Le nom de domaine, le code et les contenus sont-ils à mon nom ?
C’est la première question, et la plus souvent oubliée. Le nom de domaine
(votre-entreprise.tn, .com, .fr) doit être enregistré au nom de
votre entreprise, avec un accès à votre compte chez le registraire. Il
en va de même pour les contenus (textes, photos) et, selon votre contrat,
pour le code du site.
Une bonne réponse : « Le domaine est à votre nom, voici vos accès. Le contrat précise ce qui vous appartient. » Un signal d’alerte : « Ne vous inquiétez pas, on gère tout pour vous. »
2. Où sont les sauvegardes, et quand a-t-on testé une restauration ?
Une sauvegarde qui n’a jamais été restaurée n’est pas une sauvegarde : c’est un espoir. Demandez trois choses : à quelle fréquence (au moins une fois par jour pour un site qui reçoit des commandes ou des messages), où (une copie doit se trouver ailleurs que sur le serveur du site — si le serveur tombe, la sauvegarde ne doit pas tomber avec lui), et quand a eu lieu le dernier test de restauration.
Une bonne réponse : une fréquence, un lieu distinct, une date de test. Un signal d’alerte : « L’hébergeur fait des sauvegardes. » Sans plus de détails.
3. Qui a accès à l’administration, et comment est-elle protégée ?
Chaque personne doit avoir son propre compte — jamais un mot de passe partagé entre collègues. Vous devez pouvoir retirer l’accès de quelqu’un qui quitte l’entreprise en une minute. L’idéal : une double authentification (un code reçu sur le téléphone en plus du mot de passe) pour les comptes administrateurs.
Une bonne réponse : des comptes nominatifs, des rôles différents (par exemple : quelqu’un qui publie des produits n’a pas besoin de voir la facturation), une procédure pour retirer un accès. Un signal d’alerte : un seul identifiant « admin » que tout le monde connaît.
4. Où partent les données de mes clients ?
Un site envoie des données à plus d’endroits qu’on ne le pense : l’hébergement, bien sûr, mais aussi le service d’envoi d’emails, l’outil de statistiques, le chat en ligne, l’outil de paiement. Chacun reçoit une partie des informations de vos clients — nom, email, téléphone, adresse.
En Tunisie, la protection des données personnelles est encadrée par la loi 2004-63 et l’INPDP ; en France et en Europe, par le RGPD. Dans les deux cas, envoyer des données vers certains pays étrangers est encadré. Vous n’avez pas besoin d’être juriste pour poser la question : « Quels services reçoivent les données de mes clients, et dans quels pays ? »
Une bonne réponse : une liste des services utilisés et de leur pays. Un signal d’alerte : personne ne sait répondre. En cas de doute sur vos obligations, parlez-en à votre conseil juridique.
5. Les pages légales sont-elles complètes et exactes ?
Mentions légales, conditions générales de vente pour une boutique, politique de confidentialité, politique de retour : ces pages ne sont pas une formalité. Elles doivent contenir vos vraies informations — raison sociale, adresse, identifiant fiscal ou d’entreprise, contact.
Attention à un piège courant : des pages légales copiées d’un autre site, ou pensées pour un autre pays. Un texte écrit pour la France ne s’applique pas tel quel à une boutique tunisienne, et inversement. Et une information réglementaire inventée pour « faire joli » est pire qu’une information manquante.
Une bonne réponse : « Ces pages sont préparées avec vos informations réelles ; les points juridiques sont à valider avec votre conseil. » Un signal d’alerte : des pages légales remplies en cinq minutes, sans vous avoir demandé la moindre information.
6. Qui met le site à jour, et qui est prévenu s’il tombe ?
Un site vieillit : les logiciels qu’il utilise reçoivent des correctifs de sécurité, et un site jamais mis à jour devient une porte d’entrée. Il faut aussi savoir qui est alerté si le site ne répond plus un samedi soir — et en combien de temps quelqu’un intervient.
Profitez-en pour demander si les formulaires sont protégés contre les robots (sinon votre boîte mail se remplit de spam, et votre site peut servir à en envoyer), et si le site est bien en HTTPS partout.
Une bonne réponse : des mises à jour régulières, une surveillance automatique, un délai d’intervention écrit dans le contrat. Un signal d’alerte : « Le site est fini, il n’y a plus rien à faire. »
7. Que se passe-t-il si je change de prestataire ?
C’est la question qui révèle le plus de choses. Une relation saine est une relation que vous pouvez quitter : vous devez pouvoir récupérer vos contenus, vos données (clients, commandes, messages) et vos accès, dans un format utilisable par un autre professionnel.
Une bonne réponse : « Voici comment vous récupérez tout, et dans quel format. » Un signal d’alerte : un site construit sur un outil propriétaire que seule l’agence sait faire fonctionner, sans possibilité d’export.
La check-list à garder
Imprimez-la, posez les questions, notez les réponses.
| Question | Bonne réponse | Signal d’alerte |
|---|---|---|
| 1. Domaine, code, contenus | À votre nom, accès fournis | « On gère tout pour vous » |
| 2. Sauvegardes | Quotidiennes, ailleurs, restauration testée | « L’hébergeur s’en occupe » |
| 3. Accès à l’administration | Comptes nominatifs, rôles, double authentification | Un mot de passe partagé |
| 4. Données des clients | Liste des services et des pays | Personne ne sait |
| 5. Pages légales | Vos vraies informations, adaptées à votre pays | Copiées d’un autre site |
| 6. Mises à jour et surveillance | Régulières, alertes, délai écrit | « Le site est fini » |
| 7. Changement de prestataire | Export complet, format standard | Outil propriétaire, pas d’export |
Demandez les réponses par écrit. Une agence sérieuse n’a aucune raison de refuser — et vous aurez une trace le jour où vous en aurez besoin.
Un site bien construit ne se juge pas seulement à son design : il se juge à la façon dont il vous protège quand quelque chose tourne mal.